2 avril 2019 - Intervention dans le cadre du débat sur la transition écologique

Dans le cadre du débat sur la transition écologique, Antoine Herth a interrogé le Gouvernement sur sa politique en matière de défense des cultures et de réduction de l'usage des produits phytosanitaires.

> Séance du 2 avril sur le portail vidéo de l'Assemblée nationale

Lorsqu'on dit « transition écologique » chacun entend écologie, très peu comprennent transition.

Voilà l'origine d'une énorme méprise entre un discours politique qui entend, par exemple, décarboner les transports et la voix du peuple qui lui répond « ne touche pas à mon diesel ».

Ce que nous vivons n'est pas une crise écologique, c'est une crise de la transition.

La « transition », c'est le mouvement, le passage d'un état présent connu de tous à une situation future, présentée comme meilleure, mais que nos concitoyens peinent à imaginer.  

Cette crise, l'agriculture française y est confrontée depuis plus d'une décennie. Je ne connais pas d'autre profession qui soit à ce point sous pression.

Les lois se succèdent pour exiger telle méthode de production, pour interdire telle molécule, pour imposer de nouvelles taxes ou pour instaurer des contrôles supplémentaires.

Le dernier thème à la mode est la suppression du Glyphosate.

Soyons clair : ce produit s'est hissé au rang de victime expiatoire des méthodes de production actuelles et à ce titre il sera sacrifié sur l'autel de la protection de l'environnement.

Et après ?

Quelle est la politique de la France en matière de défense des cultures ? Quelle choix ferons-nous en matière de sélection variétale ? Y a-t-il un programme de construction de réserves d'eau pour parer aux effets du climat ? Comment le plus grand nombre de nos paysans pourra-t-il accéder aux technologies de la robotique, du numérique ?

Et sur quelle échelle du temps faut-il s'accorder- celle du rythme des saisons ou celle des saisons politiques ?

Aussi, monsieur le ministre, fort des enseignements du Grand débat, à savoir que la pédagogie n'est pas à sens unique et que les élites peuvent aussi apprendre du terrain, le gouvernement va-t-il proposer une nouvelle méthode de travail surla transition agricole, permettant de définir des objectifs humainement et économiquement viables, d'identifier les moyens scientifiques et financiers à mobiliser, de les inscrire dans un calendrier adapté ?