Le Grand Débat National

Annoncé en décembre dernier suite au mouvement des gilets jaunes, la Grand Débat National a été lancé par le Président de la République le 15 janvier. Il se déroulera jusqu'au 15 mars. D'ici là, chaque citoyen, chaque citoyenne est appelé à s'exprimer, à faire part de ses doléances, de ses sujets de préoccupation, de ses attentes, mais aussi de ses propositions.

Dans sa lettre aux Français, le Président met 4 thèmes sur la table et pose plus de 30 questions. Je vous invite à participer à cet exercice de libre expression inédit. Pour que les attentes des Français soient entendues et, surtout, pour que des réponses puissent y être apportées, il est essentiel que le plus grand nombre d'entre-nous participe, quelle que soit notre sensibilité politique.

Pour ce faire, de nombreuses Mairies ont mis des cahiers de doléances à disposition ; vous avez aussi la possibilité de participer aux réunions qui seront organisées sur tout le territoire, voire même d'organiser votre propre réunion. Sinon, à compter du 21 janvier prochain, vous pourrez directement transmettre votre contribution sur le site : granddebat.fr

L'ensemble des informations pratiques (calendrier, thèmes,…) est consultable sur le même site.

Les 4 thèmes du Grand Débat :

 1.    La fiscalité et les dépenses publiques.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ?

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? À l'inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

2.    L'organisation de l'Etat et des services publics.

Y a-t-il trop d'échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d'action au plus près des citoyens ? À quels niveaux et pour quels services ?

Comment voudriez-vous que l'État soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l'administration et comment ?

Comment l'État et les collectivités locales peuvent-ils s'améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

3.    La transition énergétique.

Comment finance-t-on la transition écologique : par l'impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l'échelon européen et international pour que nos agriculteurs et nos industriels ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

4.    La démocratie et la citoyenneté.

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ?

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d'élus ?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Économique, Social et Environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l'initiative ?

Que proposez-vous pour améliorer l'intégration dans notre Nation ? En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l'État et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Ces questions ne sont pas exclusives et la parole est libre.

Par la voix de Bernard Stalter, Président de l'Assemblée des Chambres de Métiers, les artisans ont déjà proposé d'élargir le débat en posant 5 questions complémentaires :

  1. Est-ce que le travail paye ? L'investissement personnel et financier des chefs d'entreprises est-il reconnu à sa juste valeur ?
  2. Existe-t-il une équité entre les entreprises soumises à l'IR et celles soumises à l'IS ?
  3. Quelles mesures pour permettre aux entreprises artisanales de recruter un salarié pour honorer des commandes supplémentaires ?
  4. Quelle équité de traitement devant les normes et la réglementation entre artisans, grandes surfaces, grands groupes ?
  5. Pour une meilleure pertinence de la médecine de travail, pourquoi ne pas aller chez son médecin de proximité.

Sans doute ces questions sont-elles spécifiques au monde de l'artisanat (les Chambres de Métiers ont annoncé qu'elles organiseront un «  grand débat » en leur sein sur ces sujets), mais cela montre bien que le Grand Débat National est aussi  l'occasion d'aborder des sujets