Infos & Débats n°22 | 18 octobre 2018

Balle au centre

C’est donc ce mardi 16 octobre que le président de la République a tranché la question du remplacement de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur, tout en profitant de l’occasion pour ajuster la composition et les contours du gouvernement.

Agir pour la Culture

Pour le parti que j’ai contribué à fonder – Agir_La droite constructive – l’accession de son chef de file Franck Riester au poste de ministre de la Culture est une excellente nouvelle. Non seulement mon collègue est un bon connaisseur de ce dossier sensible, mais il a également démontré depuis 16 mois qu’en ayant le courage de sortir d’une opposition stérile, qu’en formulant des propositions parfois critiques mais toujours constructives, les chances de réussir des réformes justes et efficaces n’en étaient qu’améliorées. Il sera évidemment facile de caricaturer ce choix politique en « ralliement à la majorité ». En réalité, chez tous nos voisins européens, cela s’appelle une coalition. Sauf qu’en France, en raison de l’élection au suffrage universel du président de la République et de sa prééminence dans l’exercice du pouvoir, cette notion est sans fondement : on ne négocie pas un accord de coalition, on participe aux réformes validées par le vote des Français ou bien l’on s’abstient. Il reste qu’Emmanuel Macron a eu l’intelligence d’enrichir la mosaïque des talents de l’exécutif en l’ouvrant à des personnalités qui pensent autrement que la majorité présidentielle.

Un Guillaume à l’Agriculture

Les anciens se souviennent de François Guillaume, patron de la FNSEA devenu ministre sous Jacques Chirac. A présent , c’est Didier Guillaume qui s’installe rue de Varenne. Ancien président du groupe socialiste au Sénat, il a lui aussi choisi de rejoindre le gouvernement permettant une ouverture vers la gauche. J’ai eu l’occasion de travailler avec lui lorsqu’il pilotait sous la précédente majorité un groupe d’étude pour la promotion de l’agriculture biologique. Il est assurément un homme ouvert qui saura porter le lourd dossier d’une profession en pleine mutation, confrontée aux multiples interrogations des consommateurs en recherche de repères. Au-delà de leur personnalité, le véritable point commun de ces hommes de droite ou de gauche qui rejoignent l’exécutif est la certitude que l’Europe est notre seule chance de rester dans le jeu des nouveaux rapports de pouvoir à l’échelle mondiale, à condition de la moderniser et de la rendre plus accessible aux citoyens. Sur ce sujet il y a une véritable convergence de vue avec le président de la République.

Du nouveau place Beauvau

C’est donc en fidèle de la première heure que Christophe Castaner, flanqué de l’actuel patron de la DGSI Laurent Nuñez, s’installe au ministère de l’Intérieur en cédant son poste des « relations avec le Parlement » à Marc Fesneau jusqu’alors président du groupe Modem. Assurément, le nouveau chargé de la sécurité des Français arrive alors que les forces de police s’interrogent sur leurs missions et que certaines zones urbaines semblent échapper à l’ordre républicain. Mais il aura aussi un bel atout dans sa manche en la personne de son directeur de cabinet, Stéphane Bouillon, un grand serviteur de l’Etat qui fut préfet d’Alsace et fort apprécié dans cette fonction. La capacité d’écoute et le talent de conciliateur de ce dernier ne seront pas de trop lorsque le ministre sortira ses ciseaux pour redécouper les circonscriptions législatives, faire fondre les effectifs de parlementaires tout en introduisant une dose de proportionnelle dans l’équation. Il y aura du sang et des larmes !

La DGCL chez Gourault

Au passage, le ministère de l’Intérieur perd quand même la Direction des collectivités locales qui est rattachée au tout nouveau ministère de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités locales. Promue, Jacqueline Gourault sera épaulée par Sébastien Lecornu, bien connu sur les bords du Rhin pour avoir porté le dossier de la fermeture de la centrale de Fessenheim. Il sera plus spécialement en charge des relations avec les élus de terrain et, pour le connaître, c’est une mission qui lui ira comme un gant.

Le renforcement du rôle de Jacqueline Gourault, ajouté au fait qu’elle aura le contrôle des services compétents (DGCL) sont une très bonne nouvelle pour l’Alsace. C’est elle en effet qui pilotait le travail de mise en musique du rapport Marx dans le but de trouver les voies et moyens pour créer une « collectivité d’Alsace » répondant aux attentes de la population locale tout en respectant le cadre fixé par le chef de l’Etat. Je dois reconnaître que j’ai rarement rencontré une ministre qui sache être à ce point attentive au terrain et capable de rétablir le dialogue entre les dirigeants des collectivités concernées. Souhaitons qu’elle poursuive avec autant d’intelligence ce travail de concertation afin d’aboutir à un projet opérationnel dans les meilleurs délais.

Si cette collectivité se crée comme espéré, les Alsaciens lui devront une fière chandelle. Il faudra s’en rappeler et peut-être dédier à sa marraine l’un ou l’autre nom de rue, à moins de lui ériger une statue sur un rond-point…de Colmar.

Recentrage sur l’essentiel

Les élections législatives de juin 2017 ont donné une majorité incontestable aux forces politiques du centre, une première sous la 5ème République comme l’illustre l’exposition visible à l’Assemblée nationale à l’occasion des soixante ans de l’actuelle Constitution. Par ce remaniement, Emmanuel Macron a dorénavant fixé les limites, à droite et à gauche, du champ politique regroupant les partis réformateurs et pro-européens.

Au-delà de ce « limès », on entre dans le territoire de ceux qui doutent de l’Europe, voire qui la combattent; de ceux qui craignent le déclin mais ne font que l’accélérer en prônant le repli national ; de ceux qui s’enferment dans une posture d’opposition stérile attendant la prochaine élection sans avouer qu’ils ont définitivement renoncé à participer à la modernisation de la France.

Il y a des points de vue divergents et de la diversité dans chacun des deux espaces politiques. Mais sur les deux sujets essentiels que sont le redressement national et l’Europe il n’y a que deux possibilités : pour ou contre. A chacun de choisir son camp.

 

L’OPECST a entamé l’examen de l'évaluation de l'application de la loi bioéthique et poursuivra ses travaux qui donneront lieu à la publication d'un rapport.
1958-2018: le mois d'octobre 2018 marque le 60e anniversaire de la Constitution de la Ve République. Une exposition y est consacrée au Palais Bourbon.
PACTE: une loi pour la croissance

L’Assemblée nationale a adopté, la semaine dernière, en première lecture le projet de loi plan d’action pour la croissance et le transformation des entreprises (Pacte).

Simplifier le quotidien des entreprises pour stimuler la compétitivité, lever les blocages pour encourager l’innovation, réformer l’épargne salariale pour associer davantage les salariés à la marche des entreprises, privatiser pour pouvoir investir sont les objectifs de ce texte, certes dense et technique, mais qui va indéniablement dans le bon sens.

Selon une récente note du Trésor, la loi Pacte pourrait ainsi tirer à la hausse le PIB français de 0,3% à l’horizon 2025, voire près d’un point à long terme.

Son principal fil conducteur vise à pallier une faiblesse endémique de notre économie : nous créons beaucoup d’entreprises, mais celles-ci existent souvent moins d’un an et, surtout, peinent à grandir. A titre d’exemple, la France compte 4.600 entreprises de taille intermédiaire (ETI) – réalisant entre 50 millions et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaire et employant entre 250 et 5.000 salariés – pour un total de 3,6 millions d’entreprises. Une proportion bien moindre que ses voisins européens.

Pour cela, Pacte comporte de nombreuses mesures qui seront autant d’outils à la disposition de nos entreprises, certaines étant d’ailleurs attendues depuis longtemps, comme le suppression partielle du forfait social, l’annulation de certains effets de seuils ou encore le lissage des effets de ces derniers.

L’ambition de ce texte ne s’arrête toutefois pas stricto sensu aux seules entreprises. La réforme de l’épargne salariale et l’ouverture à des privatisations constituent deux autres leviers qui s’inscrivent dans le cadre de cette réforme globale, dont l’entrée en vigueur est attendue en 2019 après son examen Sénat.

Pour en savoir plus : https://www.economie.gouv.fr/plan-entreprises-pacte


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 Nouveaux membres au gouvernement: 3 ministres et 5 secrétaires d'Etat, pour un total de 34 membres avec une parité hommes-femmes parfaite et une moyenne d'âge de 48 ans.
En images
C'était les Villes d'Europe qui étaient à l'honneur de la 66e édition de la Fête des Vendanges de Barr. Election de al reine des vins, concerts, cortèges, animations: pendant 3 jours, la Ville a vibré pour honorer les produits de la vigne et le travail des viticulteurs.
A Baldenheim, les arboriculteurs ont fait preuve d'imagination pour transformer leur récolte en petits personnages sympathiques. Mais ils ont également fait honneur à leur rôle de gardiens des traditions en continuant à cultiver l'ancestrale Blanche de Baldenheim.
Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


www.antoine-herth.fr

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