Infos & Débats n°24 | 15 novembre 2018

Coup de pompe

Le débat autour du prix du carburant est, depuis quelques semaines, le sujet principal de polémique entre la majorité et l’opposition. Avec l’annonce d’une opération de blocage du pays par les « gilets jaunes », cela risque de devenir un caillou dans la chaussure du gouvernement.
 
L’humanisme éclipsé
La presse nationale qui a couvert le déplacement du ministre de l’Economie lors de l’inauguration de la nouvelle Bibliothèque humaniste de Sélestat n’avait que faire de l’œuvre de Rudy Ricciotti, encore moins de celle de Beatus Rhenanus. La seule question qu’elle répétait à Bruno Le Maire était : « le gouvernement va-t-il céder à la pression de la rue et baisser les taxes sur le gazole ? » Et le ministre de répéter : « Non, le gouvernement ne va pas changer de cap en matière de fiscalité écologique ».
En effet, revenir en arrière signifierait renoncer aux principes qui guident la politique française depuis le Grenelle de l’environnement, c’est à dire depuis maintenant 10 ans, et qui consiste à sortir progressivement l’économie et les activités quotidiennes de la dépendance aux énergies fossiles, prioritairement le pétrole. Seulement voilà, beaucoup de nos concitoyens sont plus inquiets pour leur pouvoir d'achat que pour l'équilibre des comptes publics, et après l’affaire des 80 km/h qui a relancé la machine à PV, ils trouvent que l’automobiliste est plus que jamais la « vache à lait » du fisc.
 
Opération déminage
Le Premier ministre n’a pas tardé à réagir à ce début de fronde fiscale. Les annonces faites (super-prime à la conversion, aide aux transports pour les salariés « gros rouleurs », chèque énergie élargi à plus de ménages) veulent éviter que les familles à revenu modeste soient impactées dans leur pouvoir d’achat. Pour les autres, en revanche, rien de neuf : ils sont invités à changer de modèle tant dans leur moyen de transport que dans le chauffage de leur maison. Il y a peut-être une lueur d’espoir cependant. Avec le ralentissement de la croissance économique, le cours du baril a entamé une baisse de 22% depuis début octobre. Si cette tendance se confirme le prix du brut devrait passer en-dessous de la barre des 50$, ce qui finira par se répercuter positivement sur le porte-monnaie des ménages. Rappelons-nous que durant la période 2011-2015, le baril se négociait autour de 100$ et à l’époque il n’y avait personne dans la rue pour manifester. C’est pourquoi la nervosité de l'opinion doit être prise très au sérieux par nos dirigeants.
 
Quelles alternatives ?
A chacune de ses réponses aux questions d’actualité, François de Rugy – ministre de la Transition écologique et solidaire – ne manque pas de faire la promotion de la voiture électrique. Mais force est de reconnaître que les gammes de véhicules ne sont pas encore très étoffées en-dehors de quelques modèles de base ou alors du haut de gamme hors de prix. Leur faible autonomie les réserve aux circulations de proximité et elles restent très dépendantes du réseau de bornes de recharge encore très incomplet. A l’occasion du Mondial de l’automobile, les constructeurs généralistes ont tous annoncé une montée en puissance de l’offre électrique.  Mais cette révolution industrielle ne sera effective qu’en 2025, et donc bien après la fin de ce quinquennat. Quant au transport de marchandises, il sera encore longtemps abonné au diesel en attendant l’arrivée de la pile à combustible abreuvée à l’hydrogène…actuellement fabriqué par cracking de gaz naturel. Pour l’heure, le saut technologique tant annoncé ressemble à un saut de puce !
 
Comment rouler moins cher ?
Il y a pourtant des solutions qui sont plus facilement accessibles. A l’occasion de son audition en Commission des affaires économiques, le Directeur général de GRDF rappelait que dans la plupart des pays voisins les constructeurs proposent des véhicules au gaz. Or cette source d’énergie permet de baisser le coût kilométrique de 12%, et davantage à l’avenir si le gazole poursuit sa hausse.
Autre piste : l’éthanol. Les moteurs à essence peuvent en effet utiliser du carburant E85 moyennant l’installation d’un calculateur qui va adapter l’injection, sans pour autant interdire l’utilisation des essences conventionnelles. Cette modification coûte de l’ordre de 700€ et elle est subventionné à hauteur de 150€ par la Région Grand Est. L’investissement est rapidement amorti puisqu’il permet de baisser la facture du carburant de 30% et celle du CO2 fossile de 55%. J’ai quand même vérifié où l’on pouvait trouver ce précieux jus de betterave. Il y a plusieurs stations à Strasbourg ainsi qu’à Colmar. Mais en revanche, aucune en Alsace centrale, même pas à côté de la Sucrerie d’Erstein ! Je vais attirer l'attention des acteurs concernés sur cette lacune qui mérite d'être comblée au plus vite.
 

Le 13 novembre, inauguration officielle de la nouvelle Bibliothèque Humaniste de Sélestat par Bruno Le Maire, Ministre de l'Economie et des Finances. 
 
Devant les députés du Groupe UDI-Agir, Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire à la réforme des retraites pour un riche échange sur l'avenir du système de retraite français.
Antoine Herth interroge le Gouvernement sur ses intentions en matière de soutien aux associations patriotiques
Extrait du compte-rendu de la séance du 2 novembre 2018 | Examen du PLF 2019 - Budget des Anciens Combattants

M. Antoine Herth. Permettez-moi d’abord de saluer le déblocage du dossier des cartes de combattants 1962-1964, qui était attendu de longue date et permettra de rétablir l’équité au regard des règles prévalant actuellement s’agissant des militaires engagés dans le cadre des OPEX.

Il permettra aussi, je l’espère, de convaincre les bénéficiaires de rejoindre les rangs des associations patriotiques, qui en ont bien besoin. En effet – c’est l’objet de ma question –, elles voient leurs effectifs fondre d’année en année, en raison du grand âge de leurs membres. Bien souvent, quand les statuts le permettent, les conjoints ou les membres de la famille des anciens combattants prennent le relais pour que la structure puisse poursuivre son activité. Néanmoins, le discours des présidents laisse poindre une forme de découragement et de lassitude.

Nous pourrions considérer que la baisse du nombre d’anciens combattants est une bonne nouvelle : elle est le produit de la paix dont jouit la France depuis plusieurs décennies. Je suis cependant inquiet, car les associations patriotiques font entendre un message de vigilance particulièrement important en temps de paix, nous rappelant que jamais celle-ci n’est définitivement acquise. Faut-il des actes barbares comme les attentats que la France a subis pour qu’un sursaut s’opère parmi nos concitoyens, notamment au profit de la réserve ? Cette semaine, le Premier ministre a affirmé, lors des questions au Gouvernement, que la défense de la démocratie était l’affaire de chaque citoyen.

Madame la ministre, madame la secrétaire d’État, avez-vous engagé une réflexion sur le rôle des associations patriotiques, sur leur organisation, sur l’éventualité d’un rapprochement entre elles et sur l’ouverture de leurs rangs à la société civile ? En résumé, comment comptez-vous soutenir le discours patriotique ?

 

Mme Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des armées. Monsieur le député, vous posez une question très importante. Nous nous trouvons effectivement à une période charnière pour le monde combattant : je souhaite aux anciens combattants d’être en bonne santé et de vivre longtemps, mais c’est un fait que leur nombre diminue progressivement, tandis que la proportion de « jeunes » anciens combattants parmi eux augmente petit à petit.

Depuis un an, je travaille avec les associations du monde combattant et j’essaie de les sensibiliser à cette évolution, dont elles sont bien conscientes, et de leur faire valoir – car nous ne pouvons en décider à leur place – la nécessité d’envisager des regroupements au sein de fédérations déjà existantes ou de fondations, importantes et actives. Avec ces structures, nous pourrons poursuivre le travail de mémoire en cours, crucial pour la jeunesse. Les associations doivent comprendre que ces regroupements les doteront des moyens de continuer leur travail.

De notre côté, nous poursuivrons bien sûr – il y va de notre responsabilité – le travail de mémoire et le très important recueil de témoignages directs des combattants et de leur famille, afin de constituer une base de données d’archives qui sera à la disposition de la nation dans les années à venir et qui fera une place aux conflits modernes, appelés à passer un jour dans la mémoire et dans l’histoire.

J’encourage les associations à mener cette réflexion ; nous en parlons régulièrement avec elles et nous serons là pour les accompagner.


Brexit

 
L'accord intervenu entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne doit permettre d'éviter le chaos. Dans la loi de finances pour 2019, le France va créer 40 postes de vétérinaires pour assurer le contrôle sanitaire à la nouvelle frontière.
En images
Lors de l'inauguration de la mairie rénovée d'Elsenheim, Antoine Herth a remis à Marthe Schwartz la médaille de l'Assemblée nationale. Madame Schwartz fait partie des jeunes Alsaciens qui ont découvert, avec les enfants de la région, la grotte de Lascaux en 1940.
A Erstein, l'ESAT Nouveaux Horizons a ouvert son nouveau restaurant. Pouvant jusqu'à 200 personnes, il propose une cuisine à base de produits frais, locaux et de saison.   
Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


www.antoine-herth.fr

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