Infos & Débats n°29 | 21 février 2019
Impératif de mémoire
 
Pendant toute l’année 2018, il a souvent été question du « devoir de mémoire » dans le cadre de la commémoration du Centenaire de la fin du premier conflit mondial. Face à la déferlante antisémite qui frappe la France, il nous faut aussi nous rappeler que cela a mené jadis aux lois de Vichy, à la déportation, aux camps de la mort. C’est donc à un « impératif de mémoire » que nous sommes appelés si nous voulons éviter que notre pays ne retombe dans les bas-fonds les plus sinistres de son Histoire.
 
Place de la République
Ce mardi 19 février la Place de la République était noire de monde : un peuple inquiet était venu dire « non ! ça suffit ! ». Non aux attaques contre la « liberté » de croire ou de ne pas croire. Non à la remise en cause du principe d’égalité de tous les citoyens! Non à ceux qui foulent la fraternité au pied ! 
 
Les rassemblements de protestation et les discours suffiront-ils? Il est important que, face aux paroles de haine, s’exprime un discours fort et clair pour rappeler les principes intangibles qui fondent notre société et qui font que la France demeure un phare de la démocratie à l’échelle mondiale. Mais chacun se dit qu’après les mots il faut des actes. A commencer par une régulation des réseaux dits sociaux, permettant de les nettoyer des expressions racistes et des appels au crime qui y prospèrent sans limite. La logorrhée xénophobe s’y banalise et ces slogans nauséabonds effacent les derniers scrupules des lâches anonymes qui ont peint des symboles nazis sur les tombes du cimetière de Quatzenheim! Intolérable! Pour l’heure, seules des dispositions légales demandant aux fournisseurs d’accès de retirer les propos haineux de la toile sont en vigueur. Trop faible! Mais instaurer une censure générale irait aussi à l’encontre des principes de libre expression que notre démocratie veut justement promouvoir. Des dispositions de filtrage existent dans nombre de pays réputés pour leur régime autoritaire. C’est ainsi que la Chine surveille de près toute expression qui va à l’encontre de la ligne du Parti et en profite pour mener une chasse aux minorités, en particulier à l’encontre des Chrétiens. Adopter un tel système de flicage généralisé reviendrait au contraire à capituler et à renoncer de nous-même à notre modèle basé sur la justice et la tolérance. Le chemin de crête permettant d’allier la liberté et l’ordre est donc particulièrement étroit.
 
Vice
Non, je ne ferai pas une dissertation sur le vice et la vertu. Je veux seulement dire deux mots d’un film actuellement à l’affiche, salué de 8 oscars : VICE de l’américain Adam McKay. Il relate la trajectoire politique de Dick Cheney, vice-président de George W Bush au moment de l’attentat des Twin Towers. Ce qui m’a frappé est que dès les années 80, les Cheney et autres Rumsfeld ont manœuvré pour limiter le pouvoir du Parlement et pour déstabiliser la presse, développant une politique agressive allant jusqu’à mentir au monde pour justifier la guerre en Irak. Avec eux ont pu se développer des médias engagés comme Fox News qui ne s’encombrent pas d’objectivité. Le discours d’un homme d’Etat comme Cheney cherche le rapport de force, chez lui il n’y a que les bons ou les méchants et pour ce qui est des adversaires il faut les abattre par tous les moyens. Au fond Trump n’a rien inventé et ne fait que singer la partition écrite avant lui.
 
Cette droite décomplexée à la sauce ketchup a durablement modifié le paysage politique mondial. En contournant les règles constitutionnelles, en faussant les informations, en manipulant l’opinion publique, en imposant son seul intérêt par les armes ou par la guerre économique, en tolérant des zones de non-droit comme la prison de Guantanamo, elle a banalisé les méthodes jusque-là réservées aux dictatures. Comment dès lors promouvoir la démocratie lorsque des hommes sans scrupules la transforment en une caricature ridicule?
 
Vingt ans plus tard, nous constatons que le mal est contagieux : les discours virils et clivants, de droite comme de gauche, sont devenus la norme chez nous aussi, alors que les gouvernements populistes gagnent du terrain dans toute l’Europe et que la radicalisation menace les institutions religieuses. En politique comme en affaires, le sens du dialogue et la recherche du compromis ne sont plus considérés comme une qualité, mais au contraire comme un signe de faiblesse. La vague de « beaufitude » qui déferle sur internet n’est que l’ultime avatar de ce  bouleversement de  notre société : chacun pour soi et tant pis pour l’intérêt général.
 
Pour que la raison reprenne le dessus sur les plus bas instincts, je ne vois qu’une méthode : éduquer les consciences et partager la culture. C’est finalement l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi « Pour l’école de la confiance » qui constitue le premier signe d’espoir dans la lutte pour notre modèle démocratique et contre l’antisémitisme et la xénophobie.
 

Une foule nombreuse au rassemblement contre l'antisémitisme Place de la République à Paris.
Résultat du vote solennel sur le projet de loi pour une école de confiance.
 
Présentation de l'index de la persécution des Chrétiens: à l'échelle mondiale, 1 Chrétien sur 9 est persécuté pour sa foi.
Audition du Colonel Grégory Allione, Président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France
Du projet de loi d'une école pour la confiance
 
Du 11 au 19 février, l’Assemblée nationale consacrait son ordre du jour à l’examen du projet de Jean-Michel Blanquer pour une école de la confiance. Présenté comme devant élever le niveau général et assurer la justice sociale, le texte aura soulevé de vifs débats, chose inhabituelle pour une loi dont les objectifs devraient faire consensus.

En premier lieu, le texte initial du Ministre, pourtant reconnu pour sa maîtrise du sujet, était anormalement pauvre. A part l’abaissement à 3 ans de l’obligation scolaire, mesure certes emblématique mais qui ne concerne que 26.000 élèves, l’extension du champ de l’expérimentation, la possibilité offerte aux assistants d’éducation d’exercer des fonctions pédagogiques ou encore la reprise en main du Ministère sur l’évaluation du système scolaire, le projet manquait clairement d’ambition et n’était pas à la hauteur des enjeux qui nous avaient été présentés au cours des mois précédents par le gouvernement ou son ministre. 

C’est donc un peu à la hussarde que le gouvernement a donné de la substance à son texte en présentant des amendements d’ampleur lors de la discussion en séance. Outre que cette méthode ne permet pas aux parlementaires de faire leur travail dans les meilleures conditions (nous n’avons par exemple pas d’étude d’impact ou tout simplement le temps nécessaire pour apprécier pleinement les conséquences de mesures pourtant importantes), elle donne aussi le sentiment d’une réforme brouillonne, construite dans l’urgence.

Alors que les médias se sont très largement concentrés sur la question symbolique de la présence des drapeaux français et européen dans les écoles, plusieurs mesures phares sont venues enrichir le projet « en dernière minute », sans bruit, ni trompettes. L’obligation de formation de 16 à 18 ans pour les jeunes sortants du système scolaire sans emploi, ni formation, ni poursuite d’études est l’une d’elles.

De même, la question de l’inclusion scolaire des élèves handicapés, qui avait suscité tant d’émois il y a quelques mois, a été traitée par le biais d’un amendement du gouvernement. Sur cette question très importante de l’école inclusive, le recrutement des accompagnants, leur formation ou encore la création des pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) constituent des mesures qui vont dans le bon sens et que les députés du groupe Agir ont d’ailleurs encouragées. Ceci étant,  il aurait été préférable qu’elles soient inclues d’emblée dans le texte initial, ce qui aurait permis au débat de lever les doutes et de répondre aux interrogations qui, aujourd’hui, demeurent. 

De la même façon, c’est lors des débats que le Ministre a pris l’engagement d’enrichir le texte de mesures visant à valoriser l’apprentissage des langues régionales. L’engagement est évidemment louable mais ces mesures promises ne seront présentées qu’au Sénat. En « temps normal », l’examen à l’Assemblée aurait permis une première présentation de ces mesures, pouvant le cas échéant être améliorées au Sénat.

Au total, et en dépit de notre réticence quant à l’inscription sur chaque formulaire administratif scolaire des mentions « parent 1 » et « parent 2 », mesure aussi inutile que stupide et que le Sénat supprimera sans doute, j’ai comme la plupart de mes collègues du groupe UDI, Agir et Indépendants voté en faveur de ce texte. Comme l’a souligné notre porte-parole, nous partageons l’ambition de renforcer l’acquisition des savoirs fondamentaux, d’insister sur la transmission des valeurs républicaines et d’entretenir l’idéal républicain d’une école vectrice de justice sociale. En définitive, lorsque l’on parle d’école, c’est bien cela qui compte, le reste n’est peut-être pas que de la littérature, mais on s’en approche.

 


245 millions

 

Selon l'association "portes ouvertes", dans le monde 245 millions de chrétiens sont persécutés pour leur foi, soit 1 sur 9
 
En images
L'Amicale des Anciens Marins de Sélestat et environs s'est réunie en Assemblée Générale sous la Présidence de Ferdinand Herrmann le 10 février dernier.
Jean Rottner, Président de la Région Grand Est, échange avec les Jeunes Agriculteurs lors de sa visite de la ferme Lehmann à Obenheim. 
Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


www.antoine-herth.fr

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