Infos & Débats n°33 | 2 mai 2019
Nouveau cap?

Sera-t-il possible un jour de voir l’enregistrement de l’allocution du Président de la République passée à la trappe en raison de l’incendie de Notre-Dame de Paris ? En lieu et place, nous avons eu une conférence de presse, certes un peu longue mais cependant riche d’enseignements.
 

Le Président préside et décide
Emmanuel Macron, après être descendu personnellement dans l’arène tout au long du Grand Débat, a choisi de prendre du recul ou, plus précisément, de la hauteur. La salle des fêtes de l’Elysée n’a pas été choisie par hasard, ni le fait que l’orateur soit sur une estrade dominant tout son auditoire. Le propos aussi était « présidentiel », fait de « je veux » donnant le cap des futures réformes tout en renvoyant le choix des modalités à la responsabilité du Premier ministre et du gouvernement. 

Nous voilà revenus dans la plus pure tradition de la cinquième république, avec un partage des rôles qui convient probablement davantage à ce qu’attendent les Français de leurs gouvernants. La conclusion du Grand Débat permet donc de corriger l’image du chef de l’Etat qui se réserve de définir les grandes orientations tout en évitant de s’exposer inutilement aux inévitables polémiques qui viendront lorsqu’il faudra débattre dans le détail des réformes engagées. Cette pression reposera dorénavant sur les épaules d’Edouard Philippe et des ministres en charge des dossiers sensibles.
 

Le gouvernement en séminaire
Cette réunion inédite devait permettre de fixer les modalités des réformes souhaitées par le Président. La question la plus urgente est la définition d'une trajectoire budgétaire permettant, telle est la promesse, de réduire significativement les impôts tout en visant l’équilibre budgétaire et la réduction de l’endettement. De ce cadre découleront les réformes qu’il sera indispensable de réussir pour réduire la dépense publique et, là où elle est incompressible, de la rendre plus efficace. La réforme de la fiscalité sera donc un premier défi à relever pour redonner sa légitimité à une imposition contestée et éviter un sentiment d’injustice.

Mais la réduction des dépenses publiques est tout aussi indispensable. Elle passe par la réforme de notre système de retraite aujourd’hui éclaté en 42 régimes. Elle passe aussi par la réforme de la fonction publique, à mes yeux indissociable d’une clarification des compétences entre l’Etat et les collectivités locales.

En la matière, la plus-value du Grand débat est indiscutable : il a permis une prise de conscience de l’importance du maintien des services publics de proximité et, une fois n’est pas coutume, d’une réduction préalable de la voilure dans les services centraux. L’annonce de la « suppression » de l’ENA est l’illustration de cette volonté d’attaquer la réforme par le sommet.
 

Moderniser le débat démocratique
La persistance des protestations hebdomadaires des gilets jaunes, et pour certains d’entre eux, leur dérive ultra-violente, montre que c’est l’ensemble de notre modèle démocratique qui est à revoir. La légitimité du triptyque Président-Gouvernement-Parlement est à présent contestée par une expression politique populaire sur les réseaux sociaux. Mais alors que ces initiatives devraient contribuer à vivifier le débat démocratique, elles le brouille davantage car étant elle-même pollués par des informations incomplètes ou carrément fausses.

Il revient donc au gouvernement de fixer les règles du jeu pour permettre à tous les citoyens, en dehors des élections où ils en ont déjà la possibilité à travers leur suffrage, de participer aux grandes décisions pour l’avenir de notre pays. Plusieurs pistes sont ouvertes : tirage au sort de 150 citoyens qui siègeront au CESE, référendum, conseil de participation citoyenne sur les questions de transition écologique… Je doute que la méthode parfaite soit trouvée du premier coup. Mais pourquoi se priver de l’expérimentation de différentes formules pour choisir celle qui apparaîtra comme la plus adaptée au tempérament si particulier des Français ?
 

Réunion publique de présentation des mesures de compensation environnementale dans le cadre du chantier du contournement de Châtenois.
 
A l'occasion d'un déplacement du Groupe d'amitié France-Brésil au Brésil, les députés ont eu l'occasion de rencontrer les membres d'une association soutenue par la France permettant aux enfants des favélas de s'émanciper par la pratique sportive. 
Dépôt de gerbe pour la Journée nationale du souvenir des Victimes et Héros de la Déportation devant le Monument aux Morts de Sélestat le 28 avril.

Le Syndicat des Vins d'appellation a choici cette année la ville de Colmar pour y tenir son congrès. 
 
Inquiétudes à la sucrerie d'Erstein
L’adossement de la sucrerie d’Erstein à la coopérative sucrière Cristal Union, il y a 10 ans, devait garantir la pérennité de son outil de production et l’avenir de toute la filière alsacienne. Le « petit poucet alsacien » rejoignait en effet l’un des leaders nationaux du marché, une entreprise solide capable d’affronter une concurrence européenne et mondiale appelée à devenir d’autant plus féroce que le système de quotas était voué à disparaître. Seulement voilà, le marché mondial du sucre est morose : les prix n’ont jamais été aussi bas.

Les planteurs sont les premiers touchés mais c’est bien toute la filière qui souffre. L’ensemble de l’industrie sucrière européenne, sans exception, est aujourd’hui dans la difficulté et la plupart des industriels ont annoncé des résultats négatifs: l’allemand Südzucker a été le premier a annoncer la fermeture de deux de ses sites français. Récemment, c’est donc Cristal Union qui lui emboîtait le pas en annonçant la fermeture de deux sites et l’arrêt partiel de l’activité de conditionnement à Erstein. Les modalités en seront connues à la fin de l’été mais dans le cas d’Erstein, l’ardoise sociale pourrait se traduire par la suppression de 50 à 70 emplois. La mesure n’est certes pas surprenante au regard du contexte mais son annonce brutale et son coût humain n’en sont pas moins très regrettables.

De même, si nous pouvons nous réjouir que la marque « Erstein » continuera d’exister et que la sucrerie ne sera pas fermée à l’instar de ses consœurs de Toury et de Bourdon, l’inquiétude reste latente. La sucrerie est une petite unité située dans un bassin de production isolé : avec 450 planteurs pour une surface de 6.500 hectares, elle est à un seuil en-deçà duquel elle ne peut se permettre de descendre.

Tout l’enjeu des prochains mois consiste donc à soutenir les producteurs et les encourager à maintenir leurs surfaces. D’ores et déjà, des communes réfléchissent à la mise en place d’un remboursement des baux ruraux des parcelles qu’elles louent aux agriculteurs qui augmenteraient leur surface de betterave. Une idée originale qui traduit l’attachement de nos élus au sucre d’Erstein. Quant à nous, consommateurs, continuons d’acheter la marque « Erstein » dans nos rayons.
En images
Plus de 80 attelages de divers pays européens se sont donnés rendez-vous à Sélestat pour le premier concours international d'attelage.
Inauguration, au Château de Thanvillé, du premier salon 'Peps & Zen' mêlant agriculture biologique et bien-être. 
Inauguration du Pumptrack de Châtenois. C'est une piste d'évolution pour vélos tout terrain qui fait la joie des enfants et des adolescents de Châtenois.
A l'occasion de son 35e anniversaire, le Centre d'Initiation aux Droits de l'Homme de Sélestat a emménagé dans ses nouveaux locaux au 1er étage de la Place du Marché-aux-Choux.
Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


www.antoine-herth.fr

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