Infos & Débats n°34 | 16 mai 2019

Notre Dame de Paris enflamme l’hémicycle
 
Le vendredi 10 mai, l’Assemblée nationale examinait le projet de loi inscrit en urgence pour organiser la collecte des dons ainsi que les travaux de protection et de restauration de Notre Dame de Paris, gravement sinistrée par l’incendie du 15 avril dernier.
 

Anciens contre modernes
Il a fallu plus de 14 heures de débat pour venir à bout d’un texte à la portée somme toute très limitée mais qui, en cette période de campagne électorale, cristallise les soupçons d’abus d’autorité et d’excès de précipitation vis-à-vis du gouvernement. L’aile droite comme l’aile gauche de l’hémicycle ont trouvé là une occasion rêvée de polémiquer en visant directement le sommet de l’Etat. Faut-il reconstruire à l’identique (ce que souhaitent aujourd’hui une majorité de Français sondés) ? Mais cela veut-il dire avec les mêmes techniques et les mêmes matériaux qu'à l'époque médiévale ? Au contraire, y a-t-il de la place pour un geste architectural contemporain comme le fit l'architecte Viollet-Le-Duc au XIXe siècle avec cette fameuse flèche qui s’est effondrée en direct, mais qui n’avait « que » 160 ans ? Pour ce qui est des dons collectés, que faire avec des sommes qui pourraient dépasser les coûts de restauration : les dépenser sur d’autres monuments ou les mettre en réserve pour l’entretien futur? Cette question est-elle vraiment d’actualité alors que le doute plane sur la réalisation effective des promesses de dons ? Et pourquoi prévoir des dérogations aux règles d’urbanisme ?
 
Chacun de ces sujets, et bien d’autres furent débattus en long et en large avec, à chaque fois, des réponses argumentées du gouvernement. Mais n'il y-a-t'il pas pire sourd que celui qui refuse d’entendre, surtout s’il a décidé d’endosser l’habit de l’avocat du diable ?
 

Et si la bonne réponse était alsacienne ?
Je suis intervenu dans la discussion pour citer, dans un esprit constructif,  l’exemple des restaurations passées de la cathédrale de Strasbourg et l’expérience précieuse des artisans d’art qui transmettent leur savoir depuis des siècles.

Voici un extrait de mes propos : Dans son article 2, le projet de loi évoque la formation professionnelle des artisans et des artistes qui seront mobilisés pour restaurer Notre-Dame. C’est un des aspects les plus importants de l’immense tâche qui nous attend. Si des catastrophes comme celle du 15 avril dernier sont rares à l’échelle d’une vie d’homme, elles le sont moins dans le pas de temps de la Nation. Ce matin, plusieurs orateurs ont évoqué le bombardement en 1914 de la cathédrale de Reims. En Alsace, nous nous rappelons de celui de la cathédrale de Strasbourg en 1870, puis en 1944.

Transmettre les savoirs et les savoir-faire, les mobiliser de façon massive pour faire face à des chantiers de grande ampleur constitue un défi redoutable. Former est donc essentiel. C’est la clef qui permettra de réconcilier le temps court – celui de l’urgence de protéger et de restaurer la toiture – et le temps long – celui qui consiste à redonner à ce monument toute la splendeur que mérite un joyau national.
 
De même, il faudra mobiliser toutes les structures qui ont, face aux vicissitudes de l’histoire, su faire face à des opérations de sauvetage similaires. Le président de la commission des affaires culturelles a évoqué à juste titre la Fondation de l’Oeuvre Notre Dame de Strasbourg qui, je le rappelle, a été créée il y a 800 ans : sachons puiser dans ce trésor d’expérience.

Enfin, si certains se posent la question de la bonne cohabitation entre autorités civiles et religieuses, je peux vous affirmer qu’elle se déroule sans difficulté sur les bords du Rhin.

 
Message bien reçu par le Ministre de la Culture qui s’est engagé à venir visiter le plus beau monument d’Alsace afin de comprendre comment, depuis huit siècles, il résiste à toutes les tempêtes dans le cadre d’une démarche consensuelle

 
Fabienne Keller, candidate sur la liste Renaissance, en meeting à Strasbourg le 11 mai dernier.
Réunion publique avec Fabienne Keller dans le cadre de la campagne des élections européennes, à Châlons-en-Champagne. 

Réunion, par visioconférence, du bureau de l'Assemblée parlementaire franco-allemande.

 
Le Groupe d'étude sur les Chrétiens d'Orient a reçu sa Béatitude, Youssef Absi, Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient et Monseigneur Jean-Clément Jeanbart, archevêque d'Alep pour évoquer la situation des Chrétiens en Syrie et au Liban.
Une foule compacte et silencieuse s'était retrouvée sur l'esplanade des Invalides pour saluer le courage des deux bérets verts Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, morts en héros pour libérer les otages retenus par des terroristes au Burkina Faso. Un peu plus tard, dans la cour des Invalides, le Président de la République leur a rendu un hommage solennel en leur exprimant la reconnaissance de la Nation, en présence des membres de leur famille et devant un grand nombre de parlementaires.
L’équilibre politique au sein du Parlement européen

La semaine prochaine, les 28 Etats de l’Union éliront les 751 députés européens qui siégeront à Strasbourg (705 députés en cas de Brexit).

79 d’entre eux seront élus par les Français. Nous désignerons nos représentants à la proportionnelle selon le scrutin de liste : il n’y aura donc qu’un seul tour pour permettre aux électeurs de départager les 34 listes candidates dans la « circonscription France ».

Au lendemain du 26 mai, et jusqu’au mois de juin, les nouveaux élus formeront les groupes politiques structurant la vie politique de l’hémicycle. Car évidemment les élus siègent, non selon leur nationalité, mais bien en fonction de leur sensibilité politique. Cela implique une conséquence qui n’est que peu soulignée : la mise en œuvre des programmes de chaque liste, formulés au niveau national, ne pourra se faire que si elle emporte l’adhésion des autres membres de leur groupe au niveau européen, qui eux raisonnent évidemment aussi selon les intérêts nationaux. En clair, un député français et un député espagnol membres du même groupe peuvent avoir des positions antagonistes. Cela signifie surtout que pour « pouvoir réellement peser », nos élus nationaux devront être nombreux, dans un groupe puissant. Un argument de poids qui réduit dès lors considérablement les possibilités de choix entre les 34 listes.

Au cours de la législature qui s’achève, le Parlement comptait 8 groupes. Le Parti populaire européen (PPE) est le plus important avec 217 membres (24 allemands, 20 français). Avec 187 élus, l’Alliance progressive et démocrates (S&D) est le second groupe (31 italiens, 27 allemands et 12 français) et l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), groupe que pourraient rejoindre les élus de la liste Renaissance, est aujourd’hui le 4ème groupe avec 68 élus. Ces chiffres illustrent les rapports de force réels qui structurent la vie politique au niveau européen et qu’il nous faut impérativement avoir à l’esprit le 26 mai.

La composition des 25 Commissions du Parlement est aussi l’illustration de ces rapports de force. Elle sera faite du 8 au 11 juillet. Le Président d’une Commission a en effet un rôle comparable à celui du Président du Parlement : il dirige les séances, juge la recevabilité des amendements, décide de l’agenda de la Commission. Son rôle est dès lors capital. Au cours du précédent mandat deux d’entre eux étaient français : la présidente de la Commission des Transports et celle de la Pêche.

De même, toutes les Commissions n’ont pas la même force de frappe. Rappelons que le Parlement européen partage le pouvoir législatif avec la Commission et le Conseil européen selon des modalités variables en fonction des sujets abordés et selon les compétences définies par les traités européens. Dans ce schéma, la « prestigieuse » commission des Affaires étrangères n’a aucun poids, car le Parlement n’a lui-même aucune compétence en la matière, alors que celles de l’agriculture, du commerce international ou encore de l’environnement, domaines dans lesquels le Parlement est colégislateur, donnent lieu à davantage de tractations.

Au total, l’élection européenne ne peut être résumée au seul débat franco-français. Nous allons voter pour une institution européenne, une institution plurielle dans sa composition, qui s’occupera selon ses règles de fonctionnement propres de sujets européens et qui apportera des solutions européennes à des enjeux européens.

En oubliant l’aspect européen de cette élection, nous passerions à côté de l’essentiel : ce qui est en jeu, le 26 mai, c’est avant tout l’équilibre politique européen, de lui découleront au cours des 5 prochaines années une large part des décisions qui seront prises pour l'Europe et pour notre pays.

Pour que Strasbourg reste le siège du Parlement Européen, rejoignez-nous parmi les signataires de cet appel. 
En images
'Les quatre saisons se déchaînent' avec le sextuor féminin 'les Voix de Stras' à l'Abbatiale d'Ebersmunster.
Remise de prix lors du Championnat de France Individuels de Quilles 'Classic' à Erstein. 
Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


www.antoine-herth.fr

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