Infos & Débats n°35 | 1er juin 2019
L'Europe à qui perd gagne
 
De tous les scrutins, les élections européennes sont les plus implacables pour les partis. En effet, le scrutin proportionnel à un seul tour donne une indication instantanée des forces et des faiblesses de chaque formation politique. Et bien sûr, elle a également vocation à désigner nos représentants au Parlement de Strasbourg pour les cinq prochaines années.

Séisme sur l’échiquier politique
Le RN de Marine Le Pen a enregistré le plus de voix et retrouve son socle électoral des Présidentielles de 2017. Dont acte.  Mais la véritable sensation de ce scrutin est la forte progression de la liste EELV de Yannick Jadot avec 13,5% des voix et 12 élus. Comme chez nos voisins allemands, la mobilisation d’un électorat jeune, préoccupé par l’avenir de la planète, a permis aux écologistes d’être les grands gagnants de dimanche dernier. 

Dans ce contexte, la coalition menée par Nathalie Loiseau avec le soutien de LREM, du MODEM, d’Agir_ la droite constructive, du Mouvement Radical, même si elle n’arrive pas en pôle position, tire son épingle du jeu.

Ceux qui voulaient faire de ce vote un référendum contre le Président de la République en sont pour leurs frais. Ainsi, LFI de Jean-Luc Mélenchon qui voulait prospérer sur la crise des Gilets jaunes est en net recul. De même, le Parti socialiste reste à un niveau historiquement bas. Mais c’est bien l’effondrement des Républicains avec 8,5% des suffrages, loin des scores annoncés par les sondages, qui a été perçu comme un véritable tremblement de terre. La sanction est dure mais finalement logique. LR s’est, depuis deux ans, inscrit dans une opposition frontale vis-à-vis de l’exécutif sans avoir fait préalablement le travail de remise à plat de sa ligne idéologique. Au contraire, la droite s’est enfermée dans un discours proche des souverainistes sans proposer un projet de société crédible.  Comment s’étonner que son électorat ne soit pris de doute ?
 

Une appropriation du projet européen
Une majorité d’électeurs a compris l’importance des institutions européennes pour répondre aux défis qui sont devant nous. Ils ont pris conscience que la France seule ne peut pas faire face aux enjeux de sécurité, de défense de nos industries, de maintien de notre protection sociale sans parler du défi climatique où seule une Europe soudée pourra infléchir l’attitude des Américains ou des Chinois. L’engagement résolu d’Emmanuel Macron en faveur d’une « Renaissance » de la démocratie européenne a clairement porté ses fruits et, de ce point de vue, son pari a été gagnant.

Ainsi, au Parlement de Strasbourg les rapports de force vont fortement changer aux dépens de la droite du PPE et de la gauche du PSE. Désormais, au centre du jeu d’influence, les libéraux et les écologistes sont incontournables pour obtenir une majorité. La composition de la future Commission, de même que ses choix politiques, vont en être modifiés pour refléter cette évolution. Au passage, la France a également réussi à diminuer l’emprise quasi-hégémonique de l’Allemagne qui dictait souvent la conduite des affaires en fonction de ses intérêts propres.

Nos concitoyens ne veulent plus d’une Europe ultra-libérale en matière de commerce international, d’une Europe timorée sur les enjeux de défense, d’une Europe hésitante sur les questions climatiques. Ils veulent, au contraire, une protection plus grande face à la guerre économique mondiale, une maîtrise des flux migratoires, une garantie de leur niveau de protection sociale et de leurs libertés.

Changer l’ADN de la politique européenne passe par un débat démocratique renouvelé au sein du Parlement européen. Le scrutin de dimanche a permis d’avancer dans cette direction. Il serait cependant présomptueux de crier victoire. La tragi-comédie du Brexit n’a pas fini de saper l’édifice européen. De même, la victoire écrasante des souverainistes en Hongrie, Pologne et en Italie annonce des lendemains difficiles. Heureusement, en France, en additionnant les voix des électeurs ayant choisi des listes pro-européennes, il se dégage une majorité en faveur de la poursuite de cette belle aventure.


Les municipales en ligne de mire
Une analyse plus fine montre cependant de grandes différences selon les territoires : schématiquement on est pro-européen en ville, plus euro-critique en milieu rural. 

Et déjà, les partis politiques sont dans l’extrapolation en vue des municipales de 2020. Les enjeux ne sont certes pas les mêmes. Il s’agira alors de désigner des équipes pour gérer les communes et communautés de communes, pour s’occuper de la vie quotidienne des Français. Mais force est de reconnaître que les partis regroupés autour de la liste Renaissance ont une base plus favorable que celle du Parti socialiste ou des Républicains. Pour LR, il sera difficile de sortir d’un corner qui l’obligera dans beaucoup de cas à composer avec le Rassemblement national pour dégager une majorité municipale. Est-il encore temps de rectifier le tir ? Des états généraux seront-ils suffisants pour donner une image plus ouverte de la droite ? Pas certain.

De plus en plus d’élus locaux en doutent. C’est pour cela que Fabienne Keller et moi-même avons relayé un appel à rejoindre Agir_la droite constructive. Situé à la charnière entre le parti de Wauquiez et les centres de l’UDI, Mouvement Radical, Modem et LREM, ce parti politique veut être un trait d’union pour l’ensemble du centre-droit et pourquoi pas au-delà, en particulier avec la composante écologique.
 
Ces élections européennes ont permis de clarifier la donne politique, à chacun à présent de faire les bons choix pour aborder les échéances futures.

 
Scrutin publique sur le projet de loi de transformation de la fonction publique à l'Assemblée nationale le 28 mai dernier. 
Au soir des élections européennes, réunion des chefs de partis composant la liste Renaissance. 
Franck Sander, Président de la CGB, s'exprimant à l'Assemblée Générale des Planteurs de Betterave d'Alsace à Oberhausbergen le 24 mai.
Audition publique de l'OPECST: Sciences et technologies en appui de la restauration de Notre-Dame de Paris » au Sénat le 23 mai.
 
Fonction publique: non à la révolution, oui à l'évolution.

En écho à la promesse du Président de la République de moderniser et de rendre plus efficace notre secteur public, l’Assemblée nationale adoptait cette semaine en première lecture le projet de loi de transformation de la fonction publique.

Ce texte concerne les plus de 5 millions de fonctionnaires qui chaque jour, dans nos écoles, nos hôpitaux, nos commissariats, nos collectivités locales… servent l’intérêt général et assurent la continuité du service public. Il touche donc un large public en modifiant des statuts datant de près de 40 ans. 

La réforme ne procède en réalité pas de la cure d’amaigrissement ultra-libérale que certains redoutaient ou que d’autres espéraient. Sa logique n’est pas celle du « grand soir », mais bien celle de l’équilibre : un équilibre entre les acquis et la nécessaire adaptation de notre fonction publique au monde dans lequel nous vivons. A titre d’exemple, s’il n’a jamais été question de remettre en cause le statut des fonctionnaires ou d’y appliquer massivement  des règles « empruntées » au droit privé, le texte assume son ambition de développer des leviers managériaux pour une action publique plus efficace. La création du « contrat de projet » ou encore l’intégration de l’engagement professionnel et du mérite dans les critères de détermination de la rémunération s’inscrivent dans cette démarche. Des mesures, à vrai dire, de bon sens, adaptées aux réalités et aux besoins de notre administration appelée à se moderniser et à s’adapter aux nouveaux moyens de communication. C’est ainsi le texte favorise la mobilité des agents et accompagne les transitions professionnelles, tant entre les corps de fonctionnaires qu’entre le public et le privé.

Sur un autre plan, le projet est à l’écoute de nos préoccupations sociétales. Il renforce l’égalité de traitement des agents en situation de handicap, renforce l’égalité homme/femme et permet de mieux lutter contre les violences sexuelles et sexistes au travail.

De nombreux orateurs ont malgré tout souligné les imperfections de projet. Principalement, qu’à vouloir rester dans une sorte d’entre-deux, à ne pas vouloir choisir entre une fonction publique de statut ou d’emploi, entre sauvegarde ou disparition du statut, il peinait à dessiner une vision d’ensemble de la fonction publique de demain.

Pour autant, notre fonction publique doit aujourd’hui avancer : devenir plus attractive, pour que nos concitoyens s‘y engagent, plus efficace, pour que nos services publics répondent aux besoins des administrés. Ce texte rompt avec le statu quo ante, et c’est pourquoi j’ai voté en sa faveur.

 
En images
Cérémonie à l'occasion du centenaire du corps des sapeurs-pompiers de Hessenheim. © G. Riesterer
Arlette Rohmer, fondatrice des 'Les Jardins de Gaïa' à l'occasion du 25e anniversaire de la Maison de Thés. 
Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


www.antoine-herth.fr

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