Infos & Débats  n°3 | 14 décembre 2017

Chaque fois que je reçois des visiteurs à l'Assemblée nationale, ceux-ci veulent comprendre comment sont amendées et votées les lois, cette législation que chacun s’accorde à trouver pléthorique mais que tout le monde invoque au premier problème venu.

Alors oui, il y a des votes et j’y participe. Mais j’investis l’essentiel de mon temps dans un travail d’analyse des grands bouleversements dont nous sommes tous les témoins.

Par exemple, le changement climatique avec ses effets sur l'alimentation, les techniques de production agricole, les modes de transport, la santé humaine. Nous sommes aussi entrés dans une ère de communication à outrance où les informations que nous échangeons deviennent sources de richesse et enjeux de pouvoir.

C’est donc avec une soif de comprendre les mécanismes de ces changements que je poursuis mon travail au sein de la mission d’information sur les phytosanitaires et que je participe aux auditions de la Commission des affaires économiques et de l’Office parlementaire d’évaluation scientifique.

Comprendre les enjeux, mesurer les impacts sur la vie de nos concitoyens pour mieux légiférer. Et toujours dans un esprit constructif.

Vidéo: Interview sur Alsace 20 pour parler de la fondation du parti Agir, la droite constructive

Inauguration du Marché de Noël alsacien de la Gare de l'Est avec Gérard Risch des Pains d'épices Fortwenger et du Professeur Sappinus. 

Devant le Groupe d'Amitié France-Allemagne de l'Assemblée nationale, SE Nikolaus Meyer-Landrut, Ambassadeur d'Allemagne en France, revient sur l'accord européen sur le glyphosate.

La mission d'information sur les produits phytosanitaires s'est déplacée en Bourgogne pour y effectuer une série d'auditions.

OPECST: auditions sur les compteurs électriques communicants Linky

Le déploiement des compteurs « communicants » est une étape importante prévue par la loi en vue d’un pilotage plus fin du réseau électrique, rendu nécessaire notamment par la montée en puissance des énergies renouvelables caractérisées par leur intermittence. Le compteur Linky devrait également ouvrir la possibilité aux usagers de suivre au quotidien leur consommation afin d'identifier les sources possibles d’économie.

Ce saut technologique soulève cependant beaucoup d’interrogations auxquelles l’Office parlementaires des choix scientifiques et technologiques (OPECST) et la Commission des affaires économiques ont tenté de répondre à travers trois tables-rondes réunissant des représentants de tous les acteurs concernés par ce changement.

Linky : c'est quoi exactement?

Le programme Linky consiste à remplacer, d’ici 2024, l’ensemble des compteurs électriques du territoire national par un nouveau modèle permettant un relevé des données de consommation en temps réel. Dans les domaines de la distribution de l’eau et du gaz, un mouvement similaire est engagé.

Si cette collecte d’informations servira toujours à établir la facture d’électricité, elle permettra aussi aux distributeurs d’identifier d’éventuels dysfonctionnements afin d’y remédier plus rapidement et de mieux assurer la sécurité des personnes. 

A ce jour, plus de la moitié des 35 millions de compteurs électriques en France ont déjà été remplacés par 3.400 techniciens agréés, et ceci à raison de 28.000 installations par jour.

Les compteurs, d'une durée de vie de 20 ans, sont assemblés dans 6 usines françaises représentant 5.000 emplois. Les compteurs déposés sont déconstruits et recyclés en partenariat avec des entreprises du secteur protégé. Cette opération concerne en premier lieu Enedis (ex-Edf) mais aussi les petits distributeurs locaux comme Gaz de Barr ou les Usines municipales d’Erstein.

L’installation est préfinancée par le distributeur qui va amortir cette charge par les ventes futures d’énergie. Pour le gaz, il faudra changer 11 millions de compteurs pour un coût total de 10 milliards d’€.

Ma santé est-elle en jeu ?

Une polémique est née sur les effets du flux d’information sur les personnes électro-sensibles. Les nouveaux compteurs électriques utilisent les « courants porteurs en ligne » pour véhiculer les données. Cette technique peut également être utilisée pour étendre un réseau informatique dans la maison en empruntant le réseau électrique existant et sert depuis 40 ans à basculer le réseau d’heures creuses à heures pleines.

La circulation d’énergie dans les cables génère cependant des champs magnétiques. Selon leur importance ils peuvent perturber la vie quotidienne des personnes les plus sensibles. L’ANSES a été chargée d’étudier ces phénomènes: de ces études, il est ressorti que cette technique génère 0,1 volt par mètre d’exposition là où une plaque de cuisson à induction provoque un champ magnétique 50 fois plus puissant, et que la norme européenne est de 0,9 volt par mètre.

Les associations d’opposants soulignent cependant que l’étude ne prend pas en compte les effets cumulés des divers appareils électriques de la maison.

Une approche sociologique permet, en dehors de la santé, d’identifier d’autres motifs de refus des nouveaux compteurs : militantisme anti-nucléaire, solidarité avec les voisins ou encore avec les travailleurs chargés de relever les compteurs, refus d’une « intelligence construite par d’autres dont on ne partage pas les buts ».

Enfin, c'est surtout l’utilisation des données qui est une grande source de questionnement.

Que deviennent mes informations ?

C’est la mission de la CNIL de vérifier qu’il n’y ait pas d’abus dans l’utilisation des données informatiques en général et de celles des compteurs communicants en particulier. Elle veille à limiter la collecte d’information au strict nécessaire, à la limiter dans le temps, à en définir l’usage, et sujet important, à demander des garanties sur la cybersécurité.

Si des données peuvent être commercialisées, elles ne le seront qu’avec le consentement des personnes et sous forme anonyme. Il en va de même pour l’open-data, la maille étant par exemple un agrégat représentant de façon anonyme tout un quartier avec au minimum 11 consommateurs non identifiables.

Pour le pilotage des réseaux, les données fournies par Linky doivent être mises en relation avec celles des producteurs: le traitement de cette masse de données suppose le développement d’algorithmes puissants et évolutifs permettant en particulier d’intégrer les futurs besoins en matière de mobilité électrique et de stockage de l’énergie.

Enfin, chaque opérateur se targue de fournir une « appli » à ses clients afin qu’ils puissent « contrôler et piloter » leur consommation en temps réel.

A quand un « bouquet d’applis » permettant d’avoir un tableau de bord unique et surtout de ne plus avoir à se rappeler 10 mots de passe différents?

La simplicité, ce n’est pas pour tout de suite !
 




Coeur paysan

 

C’est le nom du magasin ouvert il y a un an à Colmar où ne vendent que les producteurs eux-mêmes. Denis Digel, leur chef de file, vient de se retrouver en finale du prix de l’innovation politique européenne à Vienne en Autriche. Chapeau, l’ami!

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L'archevêque de Strasbourg, Mgr Luc Ravel, a rencontré les élus du secteur Sélestat-Centre Alsace en compagnie de Joseph Lachmann, Vicaire épiscopal et Christian Kamenisch, curé doyen de la zone pastorale.
Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


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