Infos & Débats  n°8 | 8 mars 2018
Dans l’opinion publique,  la visite du Salon International de l’Agriculture par la classe politique relève du plan com’ sinon du folklore. En réalité, au-delà de la promotion des produits des terroirs français et de l’hommage aux acteurs de la ruralité française, la visite au salon est un marathon de mini conférences et d’entretiens plus ou moins off. C’est qu’il s’y dit des vérités parfois abruptes hors du champ des caméras et loin de la langue de bois habituelle. Cette année, le sujet principal était les « plans de filière ». Petit rappel: le 11 octobre dernier, c’est à Rungis que le Président de la République a présenté son plan pour l’agriculture et l’alimentation en demandant à chaque secteur de production de préparer un « plan de filière » pour que la production agricole soit plus équitablement payée. Une loi « pour l’équilibre des relations commerciales » est  annoncée pour le premier trimestre 2018 et a pour vocation de donner un cadre légal à ces pratiques commerciales rénovées.

Quatre mois plus tard, le salon a été l’occasion pour chaque filière de présenter ses réflexions et les orientations de son plan.
  • Lait: ce secteur est encore fortement marqué par deux années de crise où les prix couvraient à peine les charges. Il souhaite ardemment développer l’organisation des producteurs pour qu’ils pèsent davantage dans la négociation avec les acheteurs. Reste une forte inquiétude pour l’avenir : le marché est très demandeur de beurre, mais sa fabrication génère de la poudre de lait qui ne trouve pas preneur et vient gonfler les stocks. En l’absence de solution, le secteur laitier reste structurellement fragile.
  • Porc: les producteurs de porcs veulent maintenir les « promotions » alors que la future loi veut les restreindre. En effet, la consommation de viande porc connaît des effets saisonniers que seules des opérations commerciales peuvent contribuer à lisser. Faut-il prévoir une exception dans la loi ? 
  • Bovins: la filière viande bovine a les nerfs à fleur de peau en raison des négociations en cours entre l’Union européenne et l’Amérique du Sud sur les contingents d’importation préférentiels. Aussi le plan de filière prévoit de développer les labels et signes de qualité pour fidéliser le consommateur. De même, il vise à améliorer l’image en matière de bien-être animal et de santé.
  • Ovins: ce secteur est indissociable des produits de haute qualité et de l’entretien des paysages ruraux. Cependant, la présence en nombre du loup sur tout le territoire et les attaques que subissent les troupeaux provoquent une forte inquiétude pour l’avenir de l’activité pastorale. 
  • Fruits et légumes: en réalité ce secteur regroupe une foule de produits très différents ce qui explique ses difficultés d’organisation. La contractualisation de la mise sur le marché y est embryonnaire et l’objectif y est modeste avec 30% sous contrat et 25% sous signe de qualité notamment bio. D’autre part la volonté de la France de réduire l’usage des produits phytosanitaires laisse craindre des distorsions avec nos concurrents qui font des choix différents, comme cela reste aussi le cas sur les coûts de main d’œuvre. L’attente est donc faible vis-à-vis du projet de loi.
  • Céréales et oléo-protéagineux: le secteur se remet à peine d’une année 2016 calamiteuse et les perspectives d’importation massive d’huile de palme font craindre un avenir sombre pour la production européenne. Les yeux sont déjà tournés vers 2020 et la future politique agricole commune qui demeure un outil vital avec la volonté de développer l’assurance face aux risques climatiques. Enfin, en l’absence d’alternatives opérationnelles, le secteur s’interroge sur la pertinence de l’objectif du gouvernement de « bannir les pesticides » alors que le développement du bio ne concernera qu’une partie de la production.
  • Viticulture: ce secteur à l’ambition de rester leader sur le marché mondial tout en trouvant des solutions pour s’adapter aux effets du changement climatique. Il souhaite également poursuivre le développement de la production bio tout en généralisant la réduction de 50% des herbicides. Reste la difficile question de la protection des grappes face aux pourritures : la piste des résistances variétales semble prometteuse mais nécessitera au-moins 15 ans pour se diffuser dans tous les vignobles. 
Voilà quelques impressions que j’ai enregistrées au contact des interlocuteurs que j’ai rencontrés, sans parler des échanges parfois passionnés que j’ai eus avec les acteurs institutionnels comme la FNSEA, les JA, les Chambres d’agriculture et j’en passe. Comme moi, chaque élu a pu se faire une opinion avant le début de l’examen du projet de loi agricole.





Post-scriptum: J’apprends à l’instant que la loi agricole est reportée au mois de mai. Ce délai n’est pas de trop pour digérer les différences de point de vue exprimées Porte de Versailles et pour tenter d’accorder les violons.

 

Antoine Herth a fait partie de la délégation du Groupe UDI-Agir au Salon de l'Agriculture 2018.

Christiane Lambert, Présidente de la FNSEA.
 

En visite au stand de l'ANSES: Bruno Le Maire, Stéphane Travert et Brune Poirson.
 

Une des stars du salon, l'Aubrac très prisée pour sa viande.
 

Tourisme : l’Alsace a de beaux jours devant elle

Une réalité s’impose : lorsque l’on parle tourisme, on parle « Alsace ». Grand-Est, Bas-ou Haut-Rhin sont des concepts administratifs inconnus aux touristes, a fortiori étrangers.

Le schéma de développement touristique pour les quatre prochaines années, élaboré par l’ADT (Alsace Destination Tourisme, structure issue de la fusion des agences départementales de tourisme) en coordination avec la Région, est ainsi pensé à l’échelle alsacienne. Du Sundgau à Wissembourg, des Vosges au Rhin, le territoire dispose des mêmes atouts, épouse les mêmes contraintes et doit résoudre les mêmes problématiques.

L’enjeu est de taille : le tourisme représente 37.000 emplois et 2.2 mds € de chiffre d’affaires et chaque année, 19.4 millions de touristes viennent en Alsace. 

Ces chiffres, qui sont aussi le reflet de la solidité de nos acquis, le schéma touristique ambitionne de les faire fructifier au travers d’une politique cohérente, globale et innovante. 

6 thématiques ont ainsi été définies:

  • Découvrir l’Alsace, terre d’itinérance douce (2.700 km de pistes cyclables, chemins de randonnées..)
  • Prendre de la hauteur en Alsace (16 domaines skiables, parcs naturels, fermes auberges…)
  • Prendre soin de soi (thermalisme, détente et lâcher prise…)
  • Savourer les étoiles et les millésime (51 grands crus, gastronomie, produits d’excellence et circuits courts…)
  • Vivre le fantastique des châteaux forts (500 châteaux, animations médiévales…)
  • Être au cœur de l’Europe et de l’humanisme rhénan (Bibliothèque humaniste, institutions européennes…)

Sur chacune de ces thématiques, en s’appuyant sur les idées et les retours d’expérience des acteurs du terrain, il s’agit de s’adapter aux nouveaux comportements des touriste ( il y a 5 ans, par exemple, on se renseignait sur internet, aujourd’hui on commande et on réserve sur internet), et de les inciter à rester « chez nous » en leur proposant une large palette, complémentaire, d’activités.

L’idée-mère du schéma est de faire « rêver d’Alsace », ni plus, ni moins, et de faire en sorte que le rêve tienne ses promesses.

C’est aussi une bonne façon de faire vivre l’Alsace.

Le chiffre:

9%


 
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Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


www.antoine-herth.fr

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