Infos & Débats  n°12 | 3 mai 2018

Le dimanche 22 avril a commencé pour moi à Dambach-la-Ville, sous un magnifique soleil de printemps, par l’inauguration de la nouvelle Oenothèque où sont conservés les meilleurs vins de la commune. Ensuite, sans transition, j’ai attrapé un TGV pour retourner à l’Assemblée nationale.

Mon séjour dominical sur les bancs de l’hémicycle était motivé par le report du vendredi au samedi, puis du samedi au dimanche du vote final sur la loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie. »

J’ai voté en faveur du projet de loi amendé au terme de plus de 60 heures de débats où j’ai noté que les députés du Front national maniaient les mêmes arguments que les jeunes élus du groupe des Républicains, qui, pour l’occasion, ont démontré qu’ils sont totalement décomplexés en matière de convergences avec l’extrême droite.

Sur l’autre bord, le talent oratoire de Mélenchon n’a pas suffi pour déstabiliser le ministre de l’Intérieur. Mais il a néanmoins réussi à cristalliser autour de lui l’ensemble des gauches pour voter en faveur d'un rejet du texte, y compris le parti socialiste en pleine phase de reconstruction.

Le texte a été adopté par 229 voix Pour et 139 voix Contre.

Mais l’analyse du scrutin montre que la majorité n’est pas si confortable que le font croire les apparences. En effet, la majorité absolue était de 184 voix. Les votes positifs des députés de la République en marche étaient au nombre de 197, tandis que 14 de leurs collègues, pourtant supposés soutenir le gouvernement, se sont abstenus.

Ces votes, et les débats tendus en interne, constituent une première mise à l’épreuve de la formation politique du président de la République. Force est de constater qu’elle n’est ni uniforme, ni idéologiquement stabilisée.

Aussi, le gouvernement a dû apprécier les 16 votes du MODEM et les 15 votes du groupe UDI-AGIR qui ont contribué à faire adopter le projet de loi.

Ainsi, mon groupe politique a pu faire la démonstration de ce que signifie « être constructif » à savoir soutenir le gouvernement lorsqu’il va dans la bonne direction et le contrer lorsqu’il se trompe.

 

Le 19 avril, devant plus de 70 personnes, Fabienne Keller, Pierre Jakubowicz, délégué départemental et moi-même avons présenté les idées, les projets et l'organigramme départemental d'Agir, la Droite Constructive
Fin avril, au Conseil Départemental, réunion sur l'avenir de l'Alsace entre les Présidents des deux Conseils Départementaux et les parlementaires alsaciens
 
La situation des établissements pour personnes âgées et dépendantes

Bien loin des manifestations du 1er mai qui ont sombré dans la violence ou encore de la grève perlée d’une partie des agents de la SNCF, les personnels des maisons de retraites sont descendus dans la rue le 30 janvier dernier pour tirer la sonnette d’alarme. Ils ont manifesté discrètement, en s’excusant presque d’élever la voix.

Mais, pour ce qui me concerne, je n’ai pas oublié leur message : « nous sommes à bout ! ».

Aussi, pour prendre la mesure du problème, il n’y a qu’une solution : aller voir sur place.

C’est ce que j’ai fait le 16 avril dernier, accompagné de la conseillère départementale Nathalie Ernst. J’ai ainsi pu visiter l’établissement de Dambach-la-Ville et un autre établissement à Barr.

Nommer les problèmes

Nous avons tous l’habitude de parler des « maisons de retraites » en imaginant que ce sont des lieux de « grandes vacances » où nos aînés profitent enfin d’un repos bien mérité. La réalité est différente et le vrai nom de ces établissements est EHPAD - Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes

Les EHPAD peuvent accueillir des personnes autonomes à très dépendantes ; ils doivent justifier d’équipements adaptés et de personnel médical (médecin coordonnateur) et paramédical (infirmier coordinateur, infirmiers, aide-soignants, auxiliaires de vie) dont le nombre est fixé selon la capacité d'accueil de l'établissement et par négociation en convention tripartite (entre l'établissement, le Conseil départemental et l'Agence régionale de santé) après calcul de la prise en charge moyenne par résident.

Le reste à charge des patients ou de leur famille se situe dans une fourchette mensuelle comprise entre 1800€ et 2400€.

La tendance que tout le monde constate est que les entrées en maison de retraite interviennent à un âge de plus en plus avancé. C’est d’abord le résultat de la politique de maintien au domicile encouragée par le Conseil départemental  et il faut s’en féliciter. Mais tôt ou tard le maintien à domicile devient plus difficile en raison d’une maladie ou de la perte d’autonomie nécessitant des soins permanents. L’entrée en établissement reste alors la seule solution.

Besoin de taille critique

C’est donc peu dire que les personnels sont très sollicités tant pour assurer l’hygiène intime, une alimentation équilibrée, ou encore pour veiller à la prise des médicaments. 

J’ai également pu constater que dans certaines maisons les équipements ne sont plus adaptés à l’évolution de l’état de santé des pensionnaires : chambres exigües, organisation des espaces inappropriée à la circulation des chaises roulantes, peu ou pas de locaux pour des animations, lieux trop petits ou inexistants pour les réunions du personnel en particulier pour le passage de consignes lors des changements d’équipes.

Il ne faut donc guère s’étonner que les salariés fatiguent ou sont atteints de troubles physiques liés en particulier aux mauvaises postures et au port de charges.  Et dès qu’un collègue est en arrêt maladie, la charge de travail devient d’autant plus lourde pour le reste de l’équipe. Cette « gestion des ressources humaines » est un exercice quasi impossible si l’EHPAD n’a pas une taille critique  qui permet d’avoir des équipes complètes permettant de garantir une continuité du service indépendamment des congés, formations et arrêts maladie. Ce seuil est de 80 à 100 lits.

Des moyens supplémentaires pour plus de dignité

Nous savons tous que l’évolution de la démographie fera que notre société comportera plus de personnes très âgées et qui seront probablement sujettes à une perte d’autonomie. Le gouvernement a annoncé qu’il souhaite instaurer une seconde journée de solidarité pour contribuer au financement de la dépendance. Si cette proposition est retenue, c’est une première réponse, mais qui sera assurément insuffisante pour régler la question du financement du 5ème risque estimé à quelques 8 milliards d’euros par an.

S’il est normal que les familles portent une partie de la charge, elles seront incapables de faire face toutes seules, en particulier lorsqu’elles sont confrontées à des pathologies comme la maladie d'Alzheimer. Mais ces familles doivent aussi avoir la garantie que leurs vieux parents seront accueillis dans des établissements qui ont les moyens de garantir la dignité humaine.

Le chiffre:

33.300

demandeurs d'emploi en moins 

 
Le chômage a connu une baisse significative au cours du 1er semestre 2018. Même si tous les indicateurs ne sont pas au vert et que ces résultats sont plus nuancés pour certaines catégories de demandeurs d'emploi, c'est un signe positif pour l'économie française car cette baisse est notamment due à une hausse du nombre d'emplois crées.
En images
Visite de l'EHPAD de Dambach-la-Ville
Inauguration du nouvel orgue de l'église de Stotzheim
Balade Gourmande du 1er mai à Artolsheim
Inauguration de l'Oenothèque de Dambach-la-Ville
Retrouvez l'intégralité de mon actualité parlementaire sur le site de l'Assemblée nationale
Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


www.antoine-herth.fr

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