Infos & Débats n°17 | 12 juillet 2018
Versailles

Le 9 juillet dernier, l’ensemble des députés et sénateurs était convoqué dans l’hémicycle du Château de Versailles pour y écouter le discours, désormais annuel, du Président de la République. Institué lors de la réforme constitutionnelle de 2008, sous l’ère Sarkozy, ce rendez-vous, fixé à la convenance du chef de l’Etat, lui permet de s’adresser directement aux représentants de la Nation réunis en Congrès, de redonner le cap de sa politique et d'en préciser les virages.
 
En manque de contradicteurs ?
Quelle ne fut pas ma surprise, pendant le premier quart d’heure du discours, de voir que le Président s’adressait surtout à la partie gauche de la salle (pour vanter ses réformes) et très rarement à sa droite (sauf pour dénoncer les critiques). Sans doute, son entourage avait-il oublié de lui préciser que les parlementaires n’étaient pas assis par affinités politiques mais par ordre…alphabétique ! J’en ai déduit que les débats houleux de l’Assemblée manquent à l’ancien ministre de l’Economie qui y prenait un plaisir évident. Je ne fus donc guère surpris par l’annonce d’un amendement au projet de réforme constitutionnelle actuellement en débat lui permettant à l’avenir de répondre en direct aux prises de position des groupes politiques. A mon sens,  c’est une fausse bonne idée! D’une part, elle exposera inutilement le Président de la République aux critiques politiciennes alors qu’il se plaint déjà de la férocité des réseaux sociaux (les Mélenchons et consorts ne rêvent que d’une telle tribune). D’autre part, elle affaiblit encore davantage le rôle du Premier ministre réduit à celui de maître d’hôtel chargé du plan de table et du service des plats. Enfin, elle cantonnera la majorité LREM dans un rôle de fan club alors qu’elle a grandement besoin de se définir une ligne politique commune à ses composantes disparates que le seul soutien à Macron ne suffit pas à souder.
 
Le nouveau contrat social : des accents de Chaban-Delmas
Les observateurs s’attendaient à ce que ce discours marque un virage à gauche du programme de gouvernement. En affirmant vouloir construire l’Etat providence du XXIe siècle – le nouveau contrat social – Emmanuel Macron semblait fixer le cap dans cette direction. Sa tonalité m’a fait penser au concept de « Société nouvelle » du discours d’investiture du premier ministre Chaban-Delmas en 1969. Qu’il s’agisse de l’éducation et de la formation professionnelle, du service national universel, de la lutte contre le chômage, de la réponse à apporter à la dépendance, de la transformation « en profondeur » de notre système de soin ou encore de la refondation du système de retraites, tous les grands sujets de réformes ont été énumérés avec un certain effet catalogue. Mais pour être vraiment de gauche, il eut fallu annoncer de nouveaux « droits » c’est-à-dire distribuer plus d’argent quand bien même on n’en a pas. Emmanuel Macron a, au contraire, rappelé « qu’avant de distribuer le gâteau, il faut qu’il y ait un gâteau » et que sa taille dépend de la vitalité des entreprises qui créent richesses et emplois. L’Etat poursuivra donc ses efforts pour accompagner fiscalement l’activité économique et réduire son propre train de vie. Une dernière précision sur la volonté de responsabiliser les bénéficiaires d’aides sociales m’a renvoyé aux discours d’un certain…François Fillon : pas vraiment un ténor de la gauche !
 
L’Europe comme ligne de partage des eaux
C’est sur les questions de défense, de sécurité et d’immigration que l’orateur a clairement remis son costume de Chef de l’Etat. Il est vrai qu’hier encore, alors que les Bleus arrachaient leur qualification pour la finale de la Coupe du Monde, l’un de nos militaires perdait sa vie en opération extérieure, nous rappelant que la France est toujours en première ligne. Emmanuel Macron a très justement dit que la plupart des réponses doivent être trouvées collectivement au niveau européen. Si ce chantier reste fort complexe à 27 avec, de surcroît plusieurs capitales dirigées par des eurosceptiques patentés, la France veut continuer à porter le flambeau d’une souveraineté partagée sur les sujets stratégiques, unique solution pour peser à l’échelle de la planète. Cependant, sans l’exprimer nettement et en hésitant sur les termes appropriés, le Président a laissé entendre qu’il y aurait des premiers de cordée…en espérant que les autres suivront.
Surtout, il a lancé la campagne des élections européennes en désignant les deux camps appelés à s’affronter dans les urnes : d’un côté les progressistes et de l’autre, les nationalistes. A croire, qu’avec ce ton militant, il envisage de mener lui-même la liste de la majorité.

Ses détracteurs le traitent de monarque. En réalité, il incarne à lui seul une trinité républicaine : Président-Chef de gouvernement- Leader de parti. Lundi, j’ai entendu, tour à tour, les trois dans le château du Roi-Soleil.
 
 
Rencontre entre les élus de la CDU du Bade-Württemberg et élus de la droite et du centre alsaciens.
Le Président de la République devant le Parlement réuni en Congrès.
Dans le Nord, rencontre d'une délégation d'Agir avec Xavier Bertrand, préosident de la Région des Hauts-de-France.
1er juillet 2018: début de la Présidence autrichienne de l'Union Européenne.
Le 30 juin, j’organisais, à Sélestat, avec mes collègues Fabienne Keller et Olivier Becht, un petit déjeuner avec les militants et sympathisants d’Agir_la droite constructive sur le thème de l’Europe. Cette rencontre nous a permis d'échanger autour de notre vision de l’Union Européenne et de nos propositions pour faire face aux problèmes auxquels elle est confrontée.  Ce sont 9 grands axes pour l’Europe que nous défendons : agriculture, emploi, immigration, terrorisme, défense, numérique, environnement, éducation et zone Euro. Pour chacun de ces domaines, nous avons d’ores et déjà fixé un cap et nous construisons, dans le dialogue, des propositions avec les équipes du pôle Idées d’Agir, dirigé par Fabienne Keller et Olivier Becht.

14

juillet
La fête nationale est toujours un moment  de ferveur patriotique, avec son défilé militaire, ses bals musette et ses feux d’artifice. Mais cette année, chacun retiendra son souffle en croisant les doigts pour que l’équipe de France puisse ramener la Coupe du Monde de football. Allez les Bleus!!
En images
A l'avant-garde du mode de vie durable, Muttersholtz a inauguré le 30 juin son école rénovée BBC, son tout nouveau gymnase et un sentier piétonnier.
Chaque année les représentants des communautés catholiques, protestantes et juives célèbrent un « office pour la France » à l’occasion de la fête nationale. Ici, le Pasteur Pascal Hetzel à l'Eglise Saint Thomas à Strasbourg.
Antoine Herth | Député du Bas-Rhin
5 rue Roswag 67600 Sélestat


www.antoine-herth.fr

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